Les expérimentations artistiques

Séminaire séance 7 : les expérimentations artistiques

le mardi 3 avril 2012 de 18h à 20h

à l’Institut National d’Histoire de l’Art,
Galerie Colbert, 6 rue des Petits Champs, Paris 2e, salle Pierre-Jean Mariette
(Venir à l’INHA)

Dès le début de l’image de synthèse des artistes ont cherché comment exploiter ces nouveaux outils au service de la création.

avec la participation de :

- Michaël Gaumnitz (autour de son travail sur Graph8),

- Danielle Rivière, Fabien Maheu (autour du travail de Peter Greenaway)

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  • Michaël Gaumnitz
    Autour de son travail sur palette graphique dans les années 80-90.

    Michael Gaumnitz est peintre,  il a commencé à travailler dès 1985 sur une palette graphique avec laquelle il a réalisé de nombreux courts métrages pour la télévision, en particulier la série Femmes (La Sept, 1987) et Le courrier des téléspectateurs (La Sept 1991-1992).
    « J’étais en train de peindre dans mon atelier, un jour, j’ai entendu une émission à France culture qui parlait de la palette graphique. Cette palette était la toute première qui existait, elle s’appelait le Graph 8. À l’origine, elle avait été conçue pour l’armée, pour faire du télétexte. C’est par un détournement de sa fonction première qu’elle a permis toutes ces animations. Elle avait la particularité d’être très limitée, rudimentaire. Il n’y avait que 8 couleurs, les primaires, le rouge-vert-bleu, les secondaires, le jaune-magenta-cyan, et le noir et blanc. Donc très peu de couleurs, et n’avait pour fonction que le texte, quelques fonctions géométriques, telles que la ligne, le rond, le rectangle… le dessin qui se dessine, et l’effacement. Sa pauvreté même m’obligeait à ruser, à inventer, pour exprimer ce que j’avais envie de dire. Le jour où j’ai touché à ça, pendant 10 ans j’ai travaillé comme un fou, jour et nuit, tout le temps, tout le temps, j’ai fait beaucoup, beaucoup de films : des films courts, sans caméra, uniquement graphiques. L’émission la plus importante que j’ai pu faire, s’appelle Le courrier des téléspectateurs, pour la Sept, l’ancêtre d’Arte. Je recevais des lettres des téléspectateurs qu’ils écrivaient à Arte. Je choisissais toutes les semaines 5 lettres, puis elles étaient diffusées le vendredi, en voix-off, accompagnées du dessin en mouvement.
    Et puis, il arrive un moment où on a envie de passer à autre chose et tout doucement j’ai commencé à m’intéresser à des programmes plus longs. Comme je sentais que ce type d’animation ne pouvait pas tenir dans la durée, j’ai mélangé les genres. J’ai mélangé photo, film, graphisme, pixillation, etc.
    Et puis on évolue… Les courts-métrages, c’était un peu la mise en appétit, et le documentaire, c’est le plat principal, c’est plus consistant. On se met à parler de choses qui nous tiennent très à cœur. »

(Avertissement : certaines animations présentées jouent avec l’entrelacement du signal vidéo de l’époque et ne sont donc pas vues avec leur pleine qualité sur un écran informatique)

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  • Danielle Rivière, Fabien Maheu, (Eve Ramboz a été empêchée au dernier moment)
    Histoires croisées :  contexte de l’histoire de l’art des années 90, des technologies et de l’histoire personnelle de Peter Greenaway. 
    A la recherche d’outils formels pour s’exprimer
    Le cinéma comme dimension plastique : du visible au lisible
    Dispositif narratif et pensée numérique dans l’esthétique de Greenaway:  indices, jeux de piste, interactivité à l’œuvre comme outils participatifs.

    Eve Ramboz est artiste, réalisatrice, spécialiste des effets visuels numériques pour le cinéma. Dès la fin des années 80 elle a beaucoup travaillé avec des réalisateurs étrangers, à l’étranger et en France. Elle a en particulier travaillé sur de nombreux films de Peter Greenaway (Prospero’s book, Les Morts de la Seine, M for man).
    Danielle Rivière est éditrice (Éditons Disvoir) et cinéaste. Elle a une approche transdisciplinaire nourrie par toutes les formes d’art contemporain (cinéma, danse, art visuel, design, musique), elle a publié plusieurs livres de Greenaway.
    Fabien Maheu est enseignant-chercheur et artiste plastique, audiovisuel et scénique. Il s’intéresse en particulier aux formes de transversalité et aux nouvelles ergonomies numériques dans les pratiques traditionnelles de l’art. Son doctorat porte sur Peter Greenaway, une écriture transversale.

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Ce séminaire est organisé par le programme de recherche EnsADLab/HIST3D « Histoire de la synthèse d’images en France dans les années 1980-1990″ : Pierre Hénon, Chantal Duchet, Gilbert Dutertre, Lionel Fages, Maurice Benayoun, Christophe Pornay, Denis Van Waerebeke, Cécile Welker.
Sous l’égide d’EnsadLab, l’INA, l’IRCAV (Université de Paris 3) et Paris ACM Siggraph.